jeudi 3 juillet 2008

De Shanghai à Boracay

Les 30 jours se sont écoulés sans que j'aie eu le temps de les sentir passer...
Professionnellement calme ! trop calme probablement, mais c'était prévisible : mes trois principaux employeurs étant rentrés en France, je ne m'attendais pas à crouler sous les propositions...
Heureusement, il n'y a pas que le travail dans la vie !

J'ai pris le temps de découvrir un peu plus Shanghai, en commençant par mon quartier.
La ville est tellement grande qu'il faut bien commencer quelque part !
Jing'an District donc : 4 km de long sur 3 km de large.
Le cœur se trouve autour du temple Jing'An.

Restaurants, centre commercial, station de métro et, bien entendu, le temple Jing'An à proprement parler. Littéralement : temple de paix et de tranquillité ; littéralement seulement parce qu'il se trouve être en bordure de deux grosses artères particulièrement empruntées.

Ce n'est peut-être pas l'endroit rêvé pour trouver la paix intérieure, mais c'est typique et c'est à moins de 15 minutes à pied de chez Joris !

C'est une promenade que j'aime bien faire, appareil photo au poing ; toujours une bonne occasion de capter une scène du quotidien, l'instantané d'une expression, la fugacité d'un regard...

Et toujours cet environnement, ce mélange d'architectures qui oscille entre futuriste et passéiste, démolitions et constructions...

Les rêves des architectes les plus fous semblent pouvoir trouver forme dans cette ville ; toujours plus haut, toujours plus excentrique, toujours plus... Certains adorent sans concession, personnellement je suis plus partagé.

Après cette immersion urbaine, immersion aquatique !
J'ai profité de la contrainte que m'impose mon visa pour aller faire un tour du côté de Boracay, petite île des Philippines réputée pour la beauté de ses plages et de ses fonds marins.
Je suis arrivé à Manille le 16 juin à 4h du matin.
En attendant mon vol pour Caticlan, l'aéroport le plus proche de Boracay, j'ai assisté au réveil de la ville. Le peu que j'en ai vu m'a fait penser à l'Amérique du Sud...

Après encore quelques heures d'attente, qui m'ont permis de terminer l'excellente trilogie "Millénium" de Stieg Larsson, j'ai embarqué dans un petit coucou qui m'a déposé, 50 minutes plus tard, dans un décor tropical, à moins de 4km d'une plage de sable fin à la hauteur de toutes les cartes postales qui mettent à l'honneur ce genre de paysages.

Ce décor a été le théâtre de ma réconciliation avec la plongée, discipline que j'avais laissée de côté depuis plus de 10 ans !
Les sensations étaient là où je les avais laissées. Le plaisir que j'ai ressenti en renouant avec les fonds était d'une grande intensité. Je ne pensais pas que ce serait aussi fort...

Manque de chance, ce décor aura aussi été le théâtre de la furie de Franck, mon premier typhon et ça, c'était beaucoup moins sympa !
Pendant 4 jours, pas d'électricité, plus d'avions, des rafales de vent à 150 km/h, un océan qui se déchaine, des torrents qui tombent du ciel entrainant avec eux des noix de coco meurtrières et des bateaux qui se fracassent sur la plage...

Malgré l'impression oppressante que ça ne s'arrêtera jamais, le ciel finit par retrouver ses couleurs, l'océan se calme et la pluie cesse. L'électricité revient et les avions reprennent du service. La vie reprend son cours. C'est l'heure d'évaluer les dégâts.

C'est aussi l'heure de rentrer à Shanghai ; déjà...
légèrement frustré de ne pas avoir pu profiter jusqu'au bout de mes vacances, merci Francky, je reprends le chemin de cette fourmilière humaine.
Il me reste à peine plus de deux mois pour en faire le tour, en percer le secret...
Ça risque d'être court !

mardi 20 mai 2008

De Shanghai à New York, en passant par Hong Kong

Après ce retour, beaucoup plus efficace que l'aller, le quotidien shanghaien s'est rapidement imposé.

Joris m'a proposé de faire le montage de son magazine sur les révoltes paysannes pour lequel j'avais filmé les images dans le Zhejiang.
L'exercice s'est avéré compliqué, mais riche en apprentissages...
Je suis déjà convaincu que je ne ferai plus l'erreur de filmer en NTSC ; la conversion des deux cassettes a été une vaste galère sur laquelle je passe sans regret.
Je passe aussi sur les petits pépins matériels survenus au moment de l'acquisition qui m'ont permis d'apprécier l'efficacité de la main-d'œuvre chinoise (une réparation qui aurait pris au moins un mois en France et aurait couté quelques centaines d'euros a été réglée en une demi-journée pour moins de 50 euros...).

Je me suis escrimé tant bien que mal pour que le sujet soit prêt à être envoyé dans les temps. Dix jours de montage intensif avec quelques sas de décompression obligatoires pour éviter les grillages de fusibles. J'ai découvert, pendant cette période rigoureuse, le Shelter, le Windows, le Baby face... et autres lieux de la nuit shanghaienne. Il y a de quoi faire. J'ai même été initié au karaoké, véritable institution ici...
Coup de cœur pour le Shelter qui n'est rien d'autre qu'un ancien abri atomique reconverti récemment en discothèque ; claustrophobes s'abstenir... Bonne musique, tarifs honnêtes et ambiance survoltée !

J'ai aussi eu l'occasion de redécouvrir une facette de Joris que je connaissais peu, celle du leader d'un groupe de punk rock, The DropKicks ; Groupe composé de trois membres :
Chen Song, le batteur chinois,

Toshi, le bassiste japonais

et notre Joris national, guitariste et chanteur

Entre compo et reprises, cette joyeuse bande arrive à tenir en haleine un public international "énervé" pendant plus d'une demi-heure... environ une fois par semaine !


J'ai ponctué cette période de travail intensif par une journée de tournage pour Ferrari sur le circuit de formule 1 de Shanghai. Une expérience bruyante, d'autant plus difficile à supporter que la nuit précédente avait été pauvre en sommeil et riche en alcool, anniversaire d'un des collègues de Joris oblige...
J'ai terminé la journée à 20h, la tête dans un étau...

S'en est suivi une période de flottement relatif. Comme souvent, après une forte activité, je me suis retrouvé démuni, ne sachant trop quoi faire de mon temps libre, épuisé par le travail fourni, incapable de sortir, ressentant la ville comme une menace...
Pour couronner ce sentiment désagréable, le magazine pour France 24 n'a pas fait l'unanimité à la rédaction. On nous a demandé des corrections sur le montage et sur le commentaire, c'était trop court, trop de respirations, trop confus...
On a fait ce qu'on a pu avec ce qu'on avait ; on a envoyé une nouvelle version prenant en compte ces remarques et je me suis envolé pour Hong Kong où Michaël m'attendait pour deux nouveaux sujets, l'un pour France 24, encore eux, sur les mouvements qui s'organisaient autour du passage de la flamme olympique sur l'île, l'autre pour la télé belge sur le relai lui-même. Une interview était prévue pour l'après-midi...

Quand je suis arrivé, j'ai trouvé un Michaël débordé, en pleine réécriture d'un 26 minutes pour envoyé spécial sur la récolte de la badiane, autrement appelé anis étoilé, dans le sud de la Chine. J'ai vite compris qu'il n'avait rien préparé pour les sujets me concernant, l'interview avait été botté en touche et le tournage ne devait finalement pas commencer avant le 29 avril. On était le 22...

Une semaine donc, à ne rien faire et à partager le bureau de Michaël qui me sert de chambre. Chaleur étouffante, bruits incessants et promiscuité ; j'ai craqué au bout de quatre jours et me suis réfugié sur Lama Island, petite île de pécheurs à 30 minutes de ferry de Central, le lendemain de je ne sais quel évènement sportif dans l'hippodrome en face de ma cage de verre. La goutte d'eau...

Dépaysement, repos, et bon manger étaient au rendez-vous. Exactement ce qu'il me fallait...

C'est pendant cette petite parenthèse que Joris m'a annoncé par téléphone que France 24 ne validait toujours pas le magazine. Raisons invoquées : le film ne serait qu'une succession d'interviews entrecoupés de plans d'illustrations prétextes, tout juste de quoi faire un reportage de 3 minutes ; verdict sans appel...
C'est également sur Lama island que j'ai pris la décision d'aller passer quelques jours à New York dès que j'aurai bouclé le travail.

Et c'est comme ça qu'avec deux reportages d'une qualité médiocre expédiés sans trop de difficultés, j'ai pris mes clics et mes clacs et me suis envolé pour le nouveau continent.
16h de vol plus tard et 12h de décalage horaire dans la tête, j'ai débarqué dans la big apple. Dix ans que je n'y avais pas mis les pieds !
J'ai été hébergé par un ami d'ami à Brooklyn dans un superbe loft atypique...

Trois petites cabanes en bois faisant office de chambres, ambiance maison dans les arbres, à vingt minutes en métro de downtown Manhattan ! Et un accès sur les toits offrant une vue saisissante de l'île et du Manhattan Bridge

Pour la première fois, j'ai pris le temps de parcourir la ville, de jouer au touriste émerveillé ; les quelques centaines de photos que j'ai prises sont là pour en témoigner.
Petite sélection...

Ce voyage a aussi été l'occasion de retrouver un groupe d'amis parisiens qui passait cinq jours à New York et de passer un week-end avec ma sœur Alice qui m'a rejoint en car de Montréal.

Et il a fallu rentrer ; boucler un tour du monde en à peine dix jours...
Dernière étape avant mon retour à Shanghai, Hong Kong où j'ai passé la soirée avec Tom, steward à Air France en transit à Kowloon... Rendez-vous international pour souffler mes 33 bougies ! Déphasage total...

Soirée animée, nuit réparatrice dans l'hôtel tout confort destiné au personnel navigant et de nouveau l'embarquement pour un dernier saut de puce.

L'été a profité de mon absence pour s'installer à Shanghai.
Deux semaines maintenant que je suis rentré et ce temps a été mis à profit pour monter et envoyer une ultime version des révoltes paysannes à France 24. On attend la sentence en croisant les doigts.

Les tensions entre la France et la Chine commencent à avoir des conséquences désagréables. La situation pour Joris n'est pas évidente à gérer avec ses deux associées qui sont bloquées en France. L'une s'est fait expulser du pays, l'autre n'a pas réussi à se faire renouveler son visa. Ambiance... Je peux m'estimer heureux avec mon visa 6 mois multi-entrées, ma seule contrainte étant de sortir du pays tous les 30 jours ; il y a pire comme contraintes quand on se trouve à moins de 4 heures des Philippines, de la Thaïlande ou du Vietnam...
Prochain voyage obligé avant le 16 juin. Il ne me reste qu'à déterminer la destination !

mercredi 26 mars 2008

Premier Reportage

Hong Kong, donc...

Retour dans les transports; service à la chinoise...
Pour des raisons économiques, je prend un Billet Shanghai-Sheng Zhen puis un car Sheng Zhen-Hong Kong, Le tout pour 90€, trois heures d'avion, deux heures de routes et deux douanes... Je m'étais dit que ce serait une bonne occasion pour voir du pays ; pas de chance, je suis accueilli par la pluie dès ma sortie de l'aéroport. Je prend un premier car en direction de la douane Chinoise, sors du car, passe la douane, prend un autre car, arrive à la douane Hong Kongaise, sors du car, passe la douane, retrouve le bon car... tout ça chargé comme une mule.
Cette fois c'est bon, je me pose. Prochain arrêt : Hong Kong !

Passé quelques ponds, je découvre les infrastructures urbaines, les premières tours, les premières constructions, d'abord entremêlées de verdure, puis de plus en plus denses, de plus en plus hautes, de plus en plus modernes, de plus en plus...





Le car nous dépose dans un quartier qui grouille de pancartes et de monde. Je n'ai aucune idée de l'endroit où je me trouve. Je sais juste que je dois trouver un moyen pour aller à Happy valley, quartier de Hong Kong sur l'île "Central" où habite Michaël.

La solution du taxi ne m'attire pas plus que ça. J'adore découvrir une ville par ses souterrains. Je me met donc en quête d'une bouche de métro, le nez en l'air. Je ne suis pas inquiet. Je suis dans une ville où la grande majorité de la population parle anglais ! Ça modifie les perspectives...


Je suis attiré comme un aimant par cette tour de verre aux reflets virtuelles. J'ai toujours été fasciné par les grattes ciel. Je suis gâté depuis mon arrivée en Asie.
En tout cas, j'ai été bien inspiré de suivre ce phare. A ses pieds se trouve une entrée de métro. ça tombe bien, il se remet à pleuvoir. L'accalmie n'aura durée qu'une petite heure...

Je m'engouffre dans ce puits sans fond, ce dédale de couloirs, cette fourmilière à taille humaine... Je m'attends à être bousculé, chahuté, compressé par la foule avec tous mes sacs ; les rames sont presque vides, week end de Pâques oblige !

C'est moderne, très propre, très rapide, mais peu de stations et beaucoup trop de couloirs avant de trouver la bonne sortie.







Quand je fini par la trouver à la station Causeway Bay, le ciel est noir et il tombe des cordes. Le temps de faire les 500 mètres qui me séparent de l'immeuble et j'ai l'impression de sortir de la douche...
Huit étages sans ascenseur plus tard, mes sacs dégoulinants, trempé des pieds au chapeau, en nage, je retrouve Michaël dans son bureau sous les toits avec terrasse.
Ce sera accessoirement ma chambre... De nuit, ça a d'la gueule !















A peine arrivé, déjà reparti.... On doit passer prendre le matériel dans une petite boite de production pour être prêt à tourner dès le lendemain. Pendant le trajet en taxi, Michaël me parle du sujet qu'il veut faire avec moi sur les Chunking Mansions. Un sujet "couleur" pour France 24.
Il m'explique aussi pourquoi il aime tellement cette ville dans laquelle il vit depuis plusieurs années.

J'ai le nez collé à la fenêtre. Le spectacle qui s'offre à moi est tout à la fois fascinant et écœurant. C'est le gros étalage, l'artillerie lourde ! Succession de tours aux architectures les plus folles, boutiques de luxe, restaurants, centres commerciaux, passerelles...
La pub est omniprésente. Je suis au paradis de la consommation. Ici, Calvin Klein peut se permettre de s'offrir la façade d'un immeuble pour y placer une affiche !

D'accord, c'est pas sur la plus haute des tours, mais ça fait quand même son effet...
J'en profite pour faire une petite élipse sur le samedi soir où, après avoir retiré le matériel, on a rejoins un couple d'amis de Michaël avec sa copine Claire-Emanuelle pour diner de l'autre côté de l'île, dans les quartiers chics de la ville. On se serait cru sur la côte d'azur au début du printemps. Très dépaysant !
Pour ce qui est de la vue, j'ai pris cette photo du ferry qui relie Central au continent le dimanche matin, juste avant de commencer le tournage du reportage.

Matériel vérifié, cassette en place, je fais 30 secondes de couleurs de barres comme on me l'a appris à l'ESRA et je shoote mon premier panorama sur pied. Je n'ai pas assez de recul... Michaël me fait signe de changer de point de vue. Je change. Je ne trouve pas ça mieux ; je fais avec... On verra bien.
On range le pied, on remet la caméra dans le sac et on entre...
C'est désert...
Merde !!!

Même au chunking mansions, le week end de Pâques, ça veut dire quelque chose... Ça ne fait pas du tout notre affaire. On est sensé faire un sujet sur un bâtiment atypique où tout s'échange et où la vie fourmille ; Là, ça ne fourmille pas du tout...
Pour couronner le tout, à peine la caméra sortie et le premier plan intérieur shooté, un agent de sécurité nous fait des grands signes, s'approche et nous explique sans ambigüité possible : "no camera !"... on est mal !

Michaël me dit, très philosophe, qu'on va manger un morceau et qu'on avisera après. Moi je me dit surtout qu'il n'a aucune autorisation de tournage, que c'est blindé d'agents de sécurité et que, comme il n'y a personne, ça va être coton de se fondre dans la masse... On s'installe à la terrasse d'un bouiboui et on commande des sandwichs.

Entre temps, je me dis aussi que j'ai remarqué une petit "60i" dans le coin en haut à gauche de mon viseur et que je ne peux pas me mettre en shutter speed 50 comme j'en ai l'habitude mais seulement 60... J'avais déjà vu ça sur le tournage avec Joris.
Je vois bien qu'il y a un truc qui ne va pas mais je ne vois pas quoi et je n'ai pas le temps d'approfondir...

Un Ivoirien s'assoit à la table d'à côté. Michaël entreprend de lui poser des questions et me fait discrètement signe de faire tourner la caméra. Je m'exécute. Pas de micro HF, le micro d'ambiance fera l'affaire... le gars ne sait pas qu'on le filme. J'ai la caméra calée sur les cuisses et je regarde ailleurs. Je cadre au mieux...
Il est là pour des histoires de visa. Michaël à l'air déçu. Pas de business en perspective... Il continue poliment l'interview mais je sent bien que le cœur n'y ai plus.

On termine nos sandwichs en vitesse et on repart en quête de notre bon client...
Je le trouve sans trop chercher un peu plus loin, en train d'essayer d'avoir au rabais un téléphone portable. Je commence à le filmer. Michaël le remarque et se met à discuter avec lui. On le tient ! Un négociant Congolais très inspiré et très en verve à qui Michaël fait croire qu'on travaille pour TV5. Il m'expliquera plus tard qu'avec les africains, il vaut mieux dire TV5 que France 24. Question de reconnaissance...
Il nous dit tout ce qu'on veut entendre sur les Chunking. Michaël est content. Quelques plans supplémentaires en situation, quelques plans de coupes et c'est reparti.
On interview vite fait un commerçant Indien qui nous a regardé filmer le négociant, on fait un dernier tour dans les couloirs, ambiance caméra embarquée, histoire de ne pas trop nous faire remarquer et on file ailleurs.

Michaël a entendu parler d'un quartier où s'échange du matériel Hi-Fi et Vidéo d'occasion. des conteneurs entiers y seraient en partance pour l'Afrique. C'est à deux stations de métro des chuncking mansions mais ce détail ne semble pas troubler outre mesure mon ami journaliste...
On atterri dans une sorte de marché aux puces qui grouille de monde. Tout ce qui nous manquait aux Chunking Mansions, se trouve ici ! En une heure l'affaire est dans le sac. Fin de tournage, retour à la maison. Il ne reste plus qu'à faire le montage.

Avant de partir diner, je veux prendre de l'avance en lançant la digitalisation de la cassette. A mon retour un message d'erreur incompréhensible est affiché sur l'écran et le fichier vidéo est illisible. Je recommence, même message, même résultat... Je réfléchi, je trifouille dans les réglages d'acquisition, je réessaye, idem. Bon. Je reste calme, je vais me coucher. J'y verrais plus clair avec une bonne nuit de sommeil.

Le lendemain matin, après avoir annoncé le problème à Michaël, je me remet à en chercher la cause. A force de me creuser la tête et après quelques heures d'essais infructueux, je repense à cette histoire de 60i qui m'avait préoccupée pendant le tournage. J'ouvre le manuel de la caméra et tombe rapidement sur ce que je cherchais. J'ai tout filmé en NTSC, le standard américain alors que je dois travailler en PAL, le standard Européen... La bourde ! Il faut trouver une boite capable de tout convertir rapidement ; et c'est lundi de Pâques...
Heureusement, grâce aux contacts de Michaël et à l'activité locale, l'affaire est bouclée en deux heures. 24 heures plus tard, le sujet est monté. On envoie tout à France 24 le lendemain matin... Premier reportage terminé !

Mon avion est à 20h. Il me reste la journée pour découvrir un peu plus la ville. Je sors seul avec mon appareil photo et je me promène au petit bonheur. Mon objectif est de photographier des gens, dans leur environnement, la rue, Le marché... où le quotidien et les détails du quotidien de chacun deviennent exotiques pour d'autres...

Je suis heureux d'avoir pu prendre le temps de cette échappée... Il ne me reste plus qu'à boucler mon sac et prendre le chemin de l'aéroport. Salut Michaël, salut Claire, à une prochaine !

samedi 22 mars 2008

Premiers Tafs

La semaine qui vient de s'écouler a été une véritable course ! Après quelques jours de calme, la tempête !

J'ai commencé par un premier montage pour Lucas qui développe un site internet pour le Sens&Bund, un restaurant huppé sur le bund, sorte de promenade des anglais avec la fameuse vue futuriste de Shanghai qui est censée illustrer la ville dans tous les bons guides pour touristes...


Il s'agissait de faire un 2 minutes à partir d'une cassette d'une heure sur un cours de cuisine dispensé par le chef du restaurant à des femmes d'expatriés qui trouvent le temps long et cherchent à s'occuper...
N'étant pas vraiment un spécialiste du montage et mon ordinateur n'étant pas franchement une bête de compétition, j'ai galéré comme rarement. Il m'a fallu 3 journées intensives pour en venir à bout. Ça aurait pu être fait en une petite après-midi...

Avec un deuxième montage sur le feu, pour présenter le restaurant cette fois, Joris m'annonce le mardi soir que je pars avec lui dans une province à une heure d'avion au sud de Shanghai, pour filmer la troisième partie d'un magazine de 12 minutes qu'il est en train de réaliser sur des révoltes de paysans qui refusent d'être expropriés de leur terre par le gouvernement qui a décidé de construire des usines à la place.

Je m'arrange avec Lucas pour faire le montage à mon retour; je shoote quelques plans manquant dans les cuisines pour bien présenter l'endroit, je prend quelques photos...



et je m'envole le jeudi matin à l'aube avec Joris en direction de Pengjie, petit village dans la province du Zhejiang à 500 km de Shanghai...

On a rendez vous avec une avocate de Pékin et son assistante dans un hôtel de la région.
Premier contact, pendant que Joris fait son travail, je fais le mien. Je prépare la cassette, fais les réglages de la caméra, une sony Z1 que je connais un peu et prend quelques photos... Dans l'ordre, Joris, l'avocate et son assistante.



Après une heure d'explications sur la situation, explications auxquelles, il va sans dire, je n'ai absolument rien compris, on prend un taxi pour retrouver les paysans mécontents.




Après 20 minutes dans le taxi, 20 minutes pendant lesquelles l'avocate reçoit un appel d'un membre du parti qui veut savoir ce qu'elle compte faire à Pengjie avec une équipe de télévision française, on tombe sur une dead end. La route est en chantier. On ne peut pas aller plus loin. Le taxi contourne, empreinte une piste de terre sur cent mètres et on y est.
Un jeune chinois, l'un des paysans expropriés que l'on doit rencontrer, nous accueille.
Branle bat de combat. Je dois filmer la rencontre entre l'avocate et le jeune homme. Je suis pris de court. Je sors à l'arrache du taxi et commence à filmer la scène tant bien que mal. Un voyant sur la caméra m'indique que je suis en format 60i. Je ne sais plus ce que ça veut dire. Je m'en fou. Je filme. On verra bien.

D'autres paysans se joignent à nous. Ca devient vite un attroupement où tout le monde a son mot à dire. On nous montre l'usine en construction qui est la cause de tous ces troubles...



Je n'ai plus le temps de prendre des photos. Je ne sais plus où orienter l'objectif de la caméra tellement la masse de la population devient imposante. Chacun veut expliquer son problème. Je ne comprend rien, Joris semble submergé. Il m'envoie un peu à l'écart pour faire quelques plans de coupes.

Au bout d'une dizaine de minutes, une voiture de police s'impose au milieu de la scène. L'assistante de l'avocate me fait signe d'arrêter de filmer et me demande de me rapprocher.
Joris est en pleine négociation avec ce qui me semble être un inspecteur de police, plutôt sympathique. L'ambiance a l'air cordiale mais on me demande quand même mon passeport. J'obtempère sans broncher même si je sais que je n'ai qu'un visa touriste et une caméra semi-pro avec trépied sur l'épaule.
Joris, lui, est tout sourire, l'inspecteur est tout sourire, les policiers qui l'accompagnent sont tout sourire mais les paysans sont devenus silencieux et mon passeport est soigneusement inspecté et les références reportées dans un petit carnet par l'un des agents. J'aimerais être ailleurs.
Joris fait des courbettes et des risettes et négocie ferme. Brusquement, sans que je comprenne bien pourquoi, la situation se débloque. On me rend mon passeport, l'inspecteur salut cordialement Joris et cette joyeuse bande officielle s'éclipse en moins de deux minutes.
Et la troupe reprend son chemin comme si tout était normal... J'aimerais bien comprendre... Joris m'explique que l'inspecteur était mandaté pour nous accompagner pendant toute la journée. Lui même ne sait pas comment il a réussi à convaincre l'agent que ce n'était pas nécessaire, qu'on s'en sortirait très bien sans eux et que ce n'était vraiment pas la peine qu'ils perdent leur temps avec nous... Bravo !

On reprend donc notre marche autour de l'usine en construction. J'ai l'impression que plus on avance, plus il y a de monde qui nous entoure. Il règne une forte agitation. Ça braille dans tous les sens...



Après ces quelques plans en extérieur, sous un soleil de plomb, on a prévu de filmer une interview de notre personnage principal dans sa maison. On grimpe dans son pickup à 3 roues pour nous rendre chez lui


Mauvaise idée !
Le temps d'arranger la pièce (sortir la moto entreposée dans le salon, aérer un peu pour dissiper l'odeur d'essence, disposer la table de la meilleure façon pour avoir un peu de lumière sur notre intervenant, poser la caméra, mettre le micro HF, trouver le bon cadre...), une femme intervient en s'imposant, très souriante mais très insistante.
A l'attitude de Joris, je comprends vite que quelque chose ne va pas. Les visages de l'assistance se sont figés. On remballe tout en quatrième vitesse, échange de cartes de visites entre Joris et l'intruse et on saute dans le pickup. Une fois de plus, je ne comprends rien mais je suis, sans poser de questions. Notre départ précipité échauffe les sangs. Un échange violent à lieu entre l'avocate et cette femme qui est très souriante avec Joris mais particulièrement désagréable avec elle.

Une fois dans la voiture, Joris m'explique que c'était la responsable du bureau de la propagande du parti et qu'elle insistait lourdement pour qu'on la filme, histoire d'avoir un avis différent de celui des paysans sur la situation...
Comme ça, c'est plus clair ! On prend la direction de l'hôtel à fond la caisse (50km/h ; pas tout neuf le pickup...) !
Au bout de quelques minutes, le chauffeur s'anime à nouveau. On est suivi ! Je me retourne et je vois une énorme Audi A8 à 50 mètres derrière nous. Ceux qui s'y connaissent un peu en voiture comprendront l'absurde de la situation qui s'en suit :

Un pickup qui doit dater des années soixante essayant de semer une berline puissante et moderne sur une route interminablement droite... On se regarde avec Joris, dubitatif... Joris tente un petit "vous êtes sûr que c'est une bonne idée ?" et l'autre très sûr de lui "pas de problème, pas de problème" et entreprend un demi-tour qui fait pratiquement décoller l'une des trois roues. Je me tourne à nouveau. L'autre voiture est toujours là, toujours à 50 mètres... Bon. S'il n'y a pas de problème, y a qu'à attendre la suite ; très à l'aise à quatre sur la banquette arrière avec tout le matos vidéo...

Toujours à fond la caisse, flirtant avec les 60km/h, on s'engage sur la piste de terre, légèrement secoué puis sur la route du village qui ne permet pas à deux voitures de se croiser... 100 mètres plus loin un attroupement de villageois qui se disperse pour nous laisser passer et se resserre juste après. Barrière humaine. Pas con. Pour continuer à nous suivre, la berline va devoir écraser une trentaine de personnes ! Elle disparait du rétroviseur.
On enchaine les gauches droites, pour finalement nous arrêter devant la maison d'un vieux chinois.
L'ambiance est légèrement lourde autour de moi ; les visages sont tendus...



Le plan consiste, en fait, à changer de voiture et à emprunter un itinéraire bis. Dix minutes plus tard on est reparti.
Avec tout ça, il est 14h, on n'a rien mangé depuis 6h du mat et j'ai pris un coup de soleil sur le crâne pendant le tour de l'usine...

Trois quarts d'heure plus tard, on est dans le salon privé d'un restaurant de fruits de mer à déguster des spécialités locales accompagnées d'un bouillon de canard aux vertus nutritives certifiées par nos hôtes. J'en ai pris quatre fois...




Si quelqu'un reconnait ces crustacés et en connait le nom... je ne l'ai pas retenu en chinois... Ça pourrait être un croisement entre une langoustine et un gros insecte. Délicieux !


En tout cas, ce fut revigorant !
Après ce festin, on a pu filmer l'interview de l'avocate sereinement dans sa chambre d'hôtel puis Joris a été accompagné à la gare routière pour se rendre dans un autre village à deux heures de car où il devait réaliser un reportage radio et moi, à l'aéroport avec trois heures d'avance sur mon vol. Largement de quoi souffler avec, malgré tout, le petit stress de me faire intercepter par la police locale au moment du check-in et de me faire confisquer les cassettes ; voir plus si affinités...
Mais tout se déroule sans accroche jusqu'à l'arrivée à l'aéroport de Shanghai où j'ai dû faire la queue pendant une heure pour prendre un taxi afin de rapporter le matériel de location.
A minuit et demi j'étais finalement chez Joris. Tout prêt à m'écraser sur le lit. Une bonne journée suivis d'une nuit trop courte.

Le lendemain j'ai dû faire le deuxième montage pour Lucas. Il fallait que je finisse avant de décoller pour Hong Kong ce matin à 10h. J'ai commencé tôt, j'ai terminé tard mais j'ai respecté les délais et je ne suis pas trop mécontent du résultat...

Au programme maintenant un reportage de 2'30 sur les Chunking Mansions, un bâtiment atypique au cœur de Hong Kong, où se négocie un nombre de petites merdes hallucinant que l'on retrouve sur les marchés d'Afrique et d'Inde. Une autre histoire ; une autre vue !


samedi 15 mars 2008

Premiers jours

Je ne reviens pas sur le fait que je suis ravi d'être ici mais j'y ajoute une petite nuance : l'angoisse !
De l'intérieur, ça parait moins simple que de Paris...
Principal problème : les visas. Visas de travail, visa de tourisme, visas F, visas Z... C'est du chinois !
Il y a deux écoles : D'un côté ceux qui disent: "keep cool ! y sont super tranquille avec ça, les chinois. S'ils commençaient à contrôler tout le monde, 80% des expat devraient partir..." et de l'autre, ceux qui disent : "Ca devient l'enfer ! avec l'arrivée des J.O., ils contrôlent tout le monde. Avant, on pouvait avoir un visa buisness d'un an multi entrée (visa Z) facile. Il suffisait de faire un aller retour à Hong-Kong et c'était réglé. Maintenant, s'ils t'accordent un visa buisness de 3 mois, tu peux t'estimer heureux. Le plus souvent c'est un mois..."
Je vais vite être fixé. Mon contact journaliste de Hong Kong m'a demandé de l'appeler mardi matin. J'ai le pressentiment qu'un voyage dans cette ancienne colonie anglaise va s'organiser plus rapidement que prévu. A suivre...

En Attendant je découvre la ville et ses quelques expat que je connais. Après Joris, je dine avec Lucas et Olivia. Je ne les ai pas vu depuis leur mariage. On fête dignement nos retrouvailles et je m'écroule sur le lit de la chambre d'ami après avoir pris soin de me vider méticuleusement aux toilettes. Je dois préciser que j'avais apporté une bouteille de whisky délibérément achetée au duty free de Londres pour l'occasion ! On l'aura sans doute bu trop vite...
Au réveil, Je découvre la vue de leur appartement sous un ciel ensoleillé. Ça me change de mon deuxième étage sur cours...

C'est sur qu'on n'a pas les mêmes perspectives du haut d'une tour de 35 étages...

Une étandue de grattes ciels à perte de vue, des chantiers à n'en plus finir et, au milieu, quelques ruines squattées par des artistes et des laissés pour compte...

Je décide de profiter du soleil pour rentrer chez Joris à pied. Armé de ma carte Anglo-Chinoise de Shanghaï et de mon appareil photo, je prend plaisir à me perdre dans ce dédale de rues où cohabitent voitures, taxis, scooters, vélos avec ou sans remorques et piétons. Un coup, je traverse une ruelle, l'autre un boulevard qui fait penser à une autoroute... Chaque croisement peut réserver des surprises...










Par la brèche d'un mur, j'entrevois un autre chantier gargantuesque



Le vieux Shanghaï est en train de disparaitre sous les tours ! Il n'en reste plus que quelques vestiges, asphyxiés par les constructions ultras modernes habillées d'échafaudages de babous !


Après plusieurs heures de marche, pour un trajet que j'avais estimé à quelques trois quart d'heure sur la carte, je tombe nez à nez sur une oasis parfaite pour moi...


Je sais, ce n'est pas très typique mais ceux qui ont gouté au moins une fois à un whopper cheese me comprendront...

Après ce repas, certes peu gastronomique mais tellement revigorant, J'ai franchi les derniers mètres ou kilomètres qui me séparaient de la tour de Joris d'un pas léger !




Après cette longue marche Shanghaïenne, J'arrive enfin dans la résidence de Joris. Pas d'erreur possible, le saxophoniste et la tour verte sont bien là.


Dans l'appartement, je goute à une petite sieste bien mérité... de quatre heures ! Réveil à 20h30... J'ai encore une peu du mal avec le décallage horaire...

jeudi 13 mars 2008

Arrivée à Shanghaï

Je reprend l'histoire là où elle commence vraiment, c'est à dire au moment où je quitte notre vieille Europe pour partir à la rencontre de l'empire du milieu ; quelques photos à l'appui !






Mon ami Joris est venu me chercher à l'aéroport.
Je découvre Shanghaï par la fenêtre du taxi qu'on a pris pour aller chez lui.
De premier abord, la ville parait tentaculaire ! Je vois défiler barres d'immeubles sur barres d'immeubles, de plus ou moins bon goût.




Après une grosse demi-heure de taxi, je découvre l'appartement de Joris et la vue de sa chambre qu'il me prête...



C'est un bel appartement au 9ème étage d'une tour et ma nouvelle chambre fait pratiquement la taille de mon appartement parisien. Après avoir posé mes affaires, Joris me fait découvrir la gastronomie locale dans un restaurant mandarin.
Je me suis régalé !

Le peu que j'ai vu de la ville, sur le chemin de l'aéroport, est un mélange fascinant d'architecture et d'infrastructure ultramoderne qui côtoient des pagodes, des petits immeubles décati et des maisonnettes en ruine... Ça construit dans tous les sens...

C'est parti pour 6 mois !
Joris m'a laissé seul après déjeuner parce que monsieur avait rendez vous avec Christine Okrente ; rien que ça. Je vais en profiter pour me reposer un peu avant d'attaquer la soirée où je vais rencontrer mes futurs collègues.

Je suis ravi d'être arrivé, je suis ravi de retrouver Joris, je suis ravi d'être à Shanghai ! Je suis ravi...

mardi 11 mars 2008

les alléas du voyageur

Après le cauchemar d'hier, tout semble d'une grande fluidité aujourd'hui. J'ai dormi comme un bébé et je me sent plus serein.
Les derniers jours à Paris ont été épuisants. Les contres temps d'hier m'ont crispés au delà du raisonnable. Il faut avouer que je n'ai pas été gâté...
ça a commencé par un mail reçu dans la nuit de dimanche à lundi, me signalant que mon vol Paris Londres avait été annulé. J'étais en plein rush, mes sacs n'étaient pas fait, mon appartement ressemblait à une porcherie... Petit moment de panique puis la décision qui s'impose d'elle même : nuit blanche pour essayer de tout finir et départ à l'aube pour Roissy. Objectif : trouver un vol de remplacement...
Je me retrouve donc enregistré sur le vol de 9h25. Juste le temps d'acheter deux magazines et je dois me rendre en salle d'embarquement. Et je commence à attendre. Mes paupières sont lourdes et je ne rêve que d'une chose : le moment où je serais posé dans le londres-shanghai et où je pourrais dormir jusqu'à plus soif...

Je suis sur le point de partir pour six mois dans une ville que je ne connais pas, un pays qui s'engouffre dans le capitalisme le plus sauvage les yeux fermés, un régime proche des dictatures les plus durs et je ne pense qu'à une chose : dormir...
Mais l'attente continue.
J'en profite pour passer quelques coups de fil de dernières minute et comme on nous annonce que le vol aura du retard pour des raisons météo, une énorme tempête s'abat sur l'Angleterre, je demande l'autorisation de ressortir pour me fumer une cigarette. Je repasse tous les contrôles à l'envers et me retrouve dehors. Elle n'est pas qu'en Angleterre la tempête ; Enorme bourrasques d'un vent bien frais, Crachin glaçant... Je ne m'éternise pas sur mon mégot et repasse tous les contrôles.
De retour dans la salle d'embarquement , nouvelle annonce : On risque de ne pas pouvoir décoller avant 14h00. Mon vol pour Shanghai décolle à 13h45... Même avec l'heure de moins à Londres, ça va être compliqué...
Brusquement, on annonce l'embarquement immédiat. Le Commandant de bord a vu un créneau possible autour de 10h30.
Je prend place avec satisfaction dans la cabine, me disant que je vais enfin pouvoir dormir et on recommence à attendre. Seul le vent fait bouger l'avion. Je somnole tranquillement. L'hôtesse nous annonce qu'on attend encore 4 passagers et on y va. Je m'endors. Quand je rouvre les yeux, on n'a toujours pas bougé. 11h15. Je demande à mon voisin ce qui se passe et il me dit que les retardataires nous ont fait rater notre petite fenêtre de décollage. On en attend une nouvelle... BRAVO !!!

Finalement on est pull off à 12h15 et on décolle 20 minutes plus tard. Je m'endors à nouveau juste après pour ne me réveiller que quelques minutes avant l'atterrissage. Je me sent groggy. On atterri. 13h05. Tout reste encore possible, pourvu que l'autre avion ai un tout petit peu de retard.
C'est sans compter sur le temps qu'il faut pour trouver un dock pour accoster. Celui qui nous était réservé a été cédé à un autre avion arrivé avant nous. Le temps s'écoule. On attend. Après un quart d'heure, un sas se présente enfin à nous. On débarque. Je tente le tout pour le tout. Je me dépêche, je transpire, je rate de quelques secondes le bus qui doit m'emmener au terminal 3, j'attends, je passe la douane, le rayon X pour la 3ème fois de la journée et arrive au comptoir Virgin Atlantique ! Booking Closed...
C'est raté. What's next ?

On m'oriente vers le comptoir de British Airways où une hôtesse me book sur le vol du lendemain et me réserve une chambre dans l'un des nombreux hôtel d'Heathrow. J'avais cru une seconde que je pourrais profiter de ce léger contre temps pour revoir Londres mais fallait pas trop rêver.
On m'indique où prendre le bus pour rejoindre mon hôtel. Après des Kilomètres de couloirs, j'arrive à la station et j'attends que mon bus arrive. J'en ai marre d'attendre.
20 minutes plus tard un bus arrive. Je demande à la chauffeuse si elle va bien à l'hôtel où je suis enregistré, lui montre le vouncher que British Airways m'a donné et elle confirme.
Je commence à me détendre et la perspective d'une bonne douche me réconforte. Ce n'est plus qu'une question de minutes. Demain sera un autre jours...
A l'accueil de l'hôtel on me regarde avec un air désolé. Il y a deux Premier Inn à Heathrow ; je ne suis pas dans le bon...
Je concentre toute mon énergie pour ne pas me mettre à hurler, à taper du poing, à me rouler par terre et demande le plus calmement possible, dans un anglais quasi parfait : "And how the fuck am I suppose to go there now ?! (et maintenant je fais comment ? Putain de merde !) lui : "we can call you a cab". Moi : "and how much would it cost ?" lui : "between 7 to 8 pounds..."

Je décide d'attendre le prochain bus qui doit me ramener au terminal 3 d'où je pourrais prendre un autre bus qui lui, m'amènera dans le bon hôtel...
Je demande à quelle heure passe le prochain : "It should be here any minutes. Do you want a cup of tea ?" Tu peux te la foutre au cul ta cup of tea ! "No thanks. I'm gonna go out for a smoke".
Je l'ai attendu trois quart d'heure, ce mother fucking bus !

Coup de bol, quand il arrive, c'est la même chauffeuse qui m'avait déposé une heure plus tôt et elle me propose de m'amener directement à mon hôtel, sans passer par la case terminal 3. Vu que je suis le seul passager, ça ne dérange personne et ça sauve la fin de ma journée. Je tiens donc à remercier ici chaleureusement cette âme charitable !

A peine arrivé dans ma chambre, j'ai pris un bain bouillant ; le premier depuis des années, et j'ai fait une sieste de deux heures.
J'ai dîné au resto de l'hôtel, envoyé des mails en sirotant une pinte de bière locale et très rapidement, j'étais de retour dans les bras de Morphée. J'ai dormi jusqu'à 10h. Ca m'a fait un bien fou. Et dès lors tout à roulé. Bus, check in, douane, rayon X, Duty Free, salle d'embarquement, embarquement, décollage à l'heure... Que du bonheur.
Quand ce post sera en ligne, je serais à Shanghai !